la Houdan naine

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

la Houdan naine

Message par Peter le Mar 27 Nov - 12:12

Becs et Plumes, dossier spécial coup de cœur par Doudou14

LA HOUDAN NAINE

Généralités sur une miniature peu courante.

Belle miniature de la célèbre grande race Française, la Houdan naine se fait rare. Ceci est, entre autres, dû à une sélection rendue difficile par la présence de nombreux attributs tels la huppe, la barbe, les cinq doigts ainsi que la crête dite “en papillon aux ailes ouvertes” ou “en feuilles de chêne”, unique chez les gallinacés, rappelons-le.
Elle est mise au point pendant la seconde guerre mondiale par des éleveurs anglais et allemands, et arrive aux Etats-Unis quelques années plus tard. C’est donc une naine récente, comme la plupart des diminutifs de races françaises. On la retrouve un peu partout en Europe (Pays-Bas, Belgique, Suisse, Allemagne, France, etc...), ainsi qu’aux Etats-Unis. En France, elle fait toujours partie de la liste des races rares (2004). Quand bien même elle ne paraîtrait plus dans la prochaine mise à jour, elle n’est pas aussi répandue que la Pékin !
Bien que sa sélection ne soit pas des plus simples, la Houdan naine semble toutefois toute aussi résistante que ses cousines naines sans huppe. Seule l’humidité lui nuit un peu plus. De toutes façons, il est déconseillé dans un élevage digne de ce nom de mettre une volaille quelle qu’elle soit dans un endroit humide, froid et soumis aux courants d’air. L’installation des sujets doit donc être étudiée à l’avance.
Tout d’abord, un poulailler fait de grillage ou aux aérations trop nombreuses sont à prohiber, car le vent s’y engouffre sans difficulté, l’humidité également, et, dans la suite logique des choses, les maladies (coryza, bronchite infectieuse, et autres maladies respiratoires pénibles). Le poulailler hermétique en bois ou en pierre est suffisant, si la litière y est épaisse et propre (copeaux de bois, menue paille ou paille de chanvre sont à conseiller). Malgré son apparence peu vivace, la Houdan naine, bien qu’apprivoisable avec un peu d’attention, vole aisément. Une clôture élevée ou un filet couvrant l’enclos peuvent entraver cette tendance au vol. La volière de grand volume est envisageable, mais cette race est prédisposée à gratter et se mouvoir dans de grands espaces, et va rapidement perdre en vitalité dans une volière.
Il faut donc éviter autant que possible de confiner les animaux dans un poulailler fermé (chauffé ou non) : les animaux sont plus sensibles aux infections et leur résistance faiblit. La ponte, qui est souvent bonne chez la Houdan naine, peut aussi chuter.
Privilégiez un grand terrain herbeux, vos volailles deviendront peut-être un peu sales, mais vous tâcherez de les préparer pour les concours un peu plus en avance. Et vous aurez au moins le mérite d’avoir des volatiles vigoureux qui ne grossiront pas, ou, en tous cas, moins que des animaux enfermés n’ayant pas de contact avec la végétation. Le fait de bouger et d’être au contact avec le plein air ne peut que leur être bénéfique.
De plus, une alimentation adaptée permet d’obtenir des sujets moins lourds, qui sont courants chez la race. C’est pourquoi je vous suggère d’utiliser un régime basé sur un mélange blé / granulé pondeuse qui permet de conserver un poids acceptable tout en donnant une bonne ponte. Cela dit, c’est à l’éleveur de juger si le régime convient à ses pensionnaires ou non. Le repas peut être donné dans de simples gamelles plates (même si une mangeoire à trémie est mieux adaptée à cause de la huppe et de la barbe).
En revanche, l’abreuvoir utilisé pour l’élevage de la Houdan naine doit être siphoïde. Si ce n’est pas le cas, c’est surtout la barbe qui en souffre, car, comme la plupart des volailles, la poule relève la tête pour boire et se salit à cette occasion.
La reproduction est un critère très controversé par les éleveurs de toutes les races naines: faut-il faire naître les poussins en fin d’hiver, ou tard en saison ? Dans le cas des races miniaturisées comme la Houdan naine, il est préférable d’obtenir les naissances courant mars-avril (jusqu’à la fin de l’été selon la météo). Et ce pour plusieurs raisons : les sujets naissant à cette époque atteignent un poids inférieur en général à ceux nés en début de saison. Il m’est arrivé d’avoir des sujets nés en Septembre et parfaitement exposables dès Avril/Mai de l’année suivante.
La taille des oeufs diminue aussi, de nombreux éleveurs l’ont prouvé. Utilisez un incubateur ou mieux, une poule, pour couver les oeufs, car les Houdan naines couvent rarement. En revanche, si elles le font, elles s’occupent bien de leur nichée. Je n’ai jamais eu de sujets ayant couvé chez moi. Les derniers sujets que j’ai vendus, quand j’ai arrêté la race (pour mes études), sont partis dans divers élevages, et j’ai récemment eu des nouvelles de mes deux dernières poules : “elles sont formidables, elles pondent très bien, et une m’a même élevé des poussins”. Entendre un tel témoignage sur cette race réputée peu couveuse est, pour le moins, surprenant !
Aussi, comme toute huppée, elle est sujette aux parasites externes de type “pou rouge”. On peut mettre un frein à son développement en traitant les sujets avec des poudres ou des sprays. L’ivermectine, par exemple, est une molécule qui vient facilement à bout de l’envahisseur.

Sélection de la Houdan naine.

Outre le coloris noir, la variété “type” de la Houdan naine reste le noir caillouté blanc (en génétique, celui-ci correspond à Mo pour “mottled”). Il faut veiller à conserver un cailloutage en des proportions raisonnables, et éviter autant que possible le cailloutage envahissant (toléré chez les adultes et les animaux vieillissants).
Toutefois, les poules sont toujours un peu plus claires (notamment de la huppe), et un coq bien foncé (sans excès non plus) peut permettre d’obtenir une descendance correcte.
On peut aussi avoir le cas contraire : des animaux trop foncés. On peut régler ce souci en utilisant quelques animaux un peu plus blancs.
Dans une vidéo faite par le Houdan Faverolles Club de France, Michel DONO, spécialiste de ces races, nous montre que les poussins dotés d’une tâche foncée sur le crâne sont à conserver, car ils auront une huppe plus noire adultes. A l’âge adulte, on doit avoir 2/3 de noir, 1/3 de blanc, ce qui est difficile à atteindre en général.
En effet, le “tri” des animaux se fait, comme la plupart des races, dès le stade du poussin. Cependant, il est déjà bien de ne pas mettre n’importe quels oeufs en couveuse. Les oeufs de la Houdan naine doivent peser au minimum 35 grammes (coquille blanche), et cette valeur est souvent dépassée. A l’âge adulte, le coq doit peser 900 grammes, et la poule 100 grammes de moins (avec une tolérance de 25%).
Pour en revenir aux poussins, ceux-ci doivent correspondre aux critères de la race : s’ils sont assez noirs dans leur ensemble, c’est tant mieux. La hernie céphalique osseuse (fameuse protubérance crânienne) doit être visible, de même qu’une petite barbe duveteuse.
On peut aussi constater la présence, ou non, de tâches de couleur sur les tarses des poussins, il faut les privilégier. Ecartez les sujets à tarses uniformes, surtout quand ils sont dans les tons gris plomb. Dans l’ensemble un coloris foncé est bénéfique. Mais subsiste un seul bémol : un sujet foncé aura rarement des tarses et un bec clairs... à vous de voir !
Nous en venons donc au point le plus délicat : les doigts. Dans un premier temps, il faut éliminer tout sujet non conforme dont les défauts d’implantation sont visibles, même sur un seul tarse : quatre doigts, doubles-ongles, pinces de homard (dédoublement d’un doigt), six doigts et j’en passe. Si vous ne les tuez pas à la naissance, il faudra les écarter par la suite. A noter qu’un double-ongle peut apparaître une fois le sujet adulte (un de mes coqs me l’avait confirmé !).
Autres problèmes : les doigts rapprochés. Les sujets porteurs de cette anomalie sont à mettre de côté. Ils feront au mieux des reproducteurs de secours (en cas de décès du “premier choix”), et dans le pire des cas, vous en ferez un bon rôti, car la Houdan naine fournit une quantité de chair savoureuse satisfaisante par rapport à son volume.
Plus délicat : la crête. Assez difficile à distinguer pour le néophyte, elle ne doit pas être simple, en cornes, ou autre que le standard. Si elle commence “simple” et se “dédouble”, alors le poussin ne donnera pas un résultat attendu par un éleveur consciencieux. Comme il est compliqué de différencier la bonne de la mauvaise crête, il faut mieux attendre quelques temps et refaire un tri dans les mois suivant l’éclosion (au moment du baguage : 1 mois et demi - 2 mois).

Parmi les lectures intéressantes au sujet de la Houdan (naine et GR) :
-Le site du Houdan-Faverolles Club de France (et sa section Mantes) :
-Et l'excellent ouvrage de MM. Sotteau et Périquet : L'anthologie de la Houdan, de la Faverolles et de la Mantes (2009)
Édité par le Club de la volaille Meusienne
Disponible chez Jean-Claude Périquet


















merci à Doudou14 pour ce joli dossier
avatar
Peter
Admin

Messages : 5460
Date d'inscription : 20/04/2011
Localisation : St Vigor des Monts

http://www.becsetplumes.com

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum